Avis au street-artistes, aux graffeurs, writers de tout poils, calligraphes en herbe, et autres, ce site devrait vous être bien utile...
Il s'agit de MARKERSUPPLY, site américain basé a Nashville (pourquoi je met ca ? Euh... bah j'sais pas c'est la ville du King...Bah euh non y'a pas de rapport...) spécialisé dans la vente en ligne de Marqueurs.
Et il y en aura pour tout le monde et pour tout les goûts ! des marqueurs à calligraphie, en passant par les bon gros Biggie ( marqueurs ayant une pointe de 5 cm... de quoi arracher des larmes au B-boys du graffiti...) pour vos tableaux, on trouve des modèles spéciaux comme les ILLUMIGRAPHIC, qui reflechissent la lumière, et très bon point, beaucoup d'entre eux possèdent une palette de couleurs très large, et ca, vous ne le verrez jamais dans le meilleur des magasins spécialisés...( imaginez 5 minutes le carnage chromatique d'une dizaine de Biggie différents...).
La pluparts des produits bénéficient de réductions permanentes ( qui selon toute logique, seront couvertes par des frais de ports exorbitants... bizness is bizness comme on dit...).
Par ailleurs, on peut suivre l'actualité du site via son blog, qui est plutôt bien fait...
Une bonne trouvaille à bookmarker pour les intéressés...
A+ sohei.
Pour tout bon fan de papertoys ce site vaut son pesant d'or !!!!
Pour ceux qui ne sauraient pas, un petit rappel sur les papertoys :
Il s'agit de jouets en papier representant souvent des personnages, vehicules ou batiments, à découper et à monter. Il est possible d'en télécharger sous format pdf un peu partout sur le net, à divers degrés de complexité, certains sont de véritables et bluffantes petites maquettes !!!!
Ce type de jouet à beaucoup retenu l'attention des designers, car le papertoy offre des perspectives creatives quasi infinies de formes, de couleurs, de graphismes... De plus grace à internet le partage des papertoys est devenu simplissime.
Quand même, une matiere á création et á transformation quasi-infinie, un format (PDF) de partage ultra-leger, et disponible partout sur la planète par internet permettant un partage mondial des ressources et tout ca juste avec des ciseaux de la colle et un peu de papier... Non vraiment je n'en finis pas de ne pas en revenir...
Bref je suis completement fan.
Mais euh...ouhla je m'emporte un peu...
Pour en revenir donc á ce site, il s'agit de PAPERCRITTERS, un interface Flash, de création de papertoy fichtrement bien foutu. Sur la base d'un modèle ( on regrettera qu'il n' y en ait pas plusieurs...) il est possible de faire à peu pres tout ce qu'on veut, palette de couleurs, de motifs, on peut charger ses propres motifs, crayons, pinceaux, visualisation en 3D ! Et le fameux CRTL+Z qui á une place si particulière dans le coeur des graphistes !
Le tout dans une interface colorée très agréable, et extrêmement intuitive, nímporte qui, du graphiste chevronné au simple curieux s'y retrouvera sans aucune difficulté.
Une fois l'oeuvre terminée, on pourra bien sur la télécharger pour la monter chez soi, et même la présenter au monde via photos sur la gallerie du site...
Bref, le(s) créateur(s) de ce site nous ont carrément pondu un mini-logiciel de création graphique, et ca, il faut avouer, c'est tout de même une "sacrée-fichue-de-bon-sang-de-performance" (pour rester poli...).
Le site à d'ailleurs gagné un Flash Awards (Prix qui récompense les meilleurs sites en flash).
Et bah c'est bien fait peur eux na !
Un site donc, pour tout le monde, à consommer sans aucun sens minimum de la retenue...
A+ Sohei.
...ce tuto n'est pas de papyserge !! Mais il est excellent
voir ce lien
http://gloubiweb.free.fr/tutoriaux.htm© Gloubi-Web
C'est tutos sont ma propriété, vous ne pouvez utiliser ni mes textes, ni mes images sur votre site, mais pouvez faire un lien vers ces pages sans problème !!
Merci de respecter ce long travail !!
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| Photofiltre |
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Je vais m'attarder ici sur les Tutoriaux avec le logiciel Photofiltre V6 Contrairement au logiciel très connu "Paint shop pro" celui çi est entièrement gratuit, très simple pour débuter et reprend des fonctions similaires ! Ces créations sont dailleurs en grande partie des reprises de tutos PSP ou inspiré de tutos sur le web, beaucoup de sites et forums proposant des tutos similaires mais de façon différentes, il est difficile de donner le crédit du tutoriel original, aussi lorsque j'en ai connaissance, et que je me suis inspirée d'un tuto existant, le lien est ajouté sur la page . Je trouve normal de partager ce peu de connaissances, accessibles à tout le monde , afin de vous faire partager ma passion pour le graphisme ! Ces Tutoriaux sont bien sûr destinés aux débutants, je n'ai pas la prétention de donner des leçons aux pro !! Donc soyez indulgents, Je n'utilise pas personnellement ce logiciel, mon logiciel de graphisme de prédilection étant Fireworks ..Si toutefois il vous manque une information n'hésitez pas à me contacter.. <> (lien téléchargements) |
| Tutoriaux | |
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0 Installer un plugin (Important) 1 Signatures glitters (Photofiltre) 2 Signatures glitters (Paint Shop) 8 Cadres floaties animés ou Texte 10 Faire scintiller une partie d'image 12 Ecrire en rond ou sur un tracé |
26 Optimiser ses photos par lots 36 Slat animé New 37 Tag scintillant New |
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C'est tutos sont ma propriété, vous ne pouvez utiliser ni mes textes, ni mes images sur votre site, mais pouvez faire un lien vers ces pages sans problème !! | |
Oui, le marchand de sel a pris de "longues vacances" ou pour être plus précise, a vaqué à ses occupations. Entre deux feux (de casserole), la petite liseuse a pris de bons livres pour oublier ses soucis et juste avant la rentrée littéraire, officiellement demain, elle a décidé de vous faire faire un petit tour d'horizon de ses lectures, avant de s'attaquer aux nouveautés de l'automne.
En arrivant à Paris, j'ai sauté sur le premier livre que j'ai eu entre les mains et c'était Geisha d'Arthur Golden. J'avais vu le film à sa sortie avec ma meilleure amie, qui avait trouvé le bouquin bien meilleur que son adaptation. Ce qui est souvent l'avis de ceux qui lisent le livre avant de voir le film! J'avoue que je n'ai pas trouvé ce roman inoubliable, mais j'ai été tout de même bluffée de voir comment un éthnologue américain arrive avec tant de perfection à se mettre dans la peau d'une japonaise du milieu du siècle dernier. Le film avait sucité une polémique à l'époque, car les geisha étaient jouées par des actrices chinoises parlant anglais. Mais moi biensûr, fleur bleue que j'étais encore alors, je n'avais d'yeux que pour Ken Watanabe, excellent acteur que j'ai pu voir dans Batman begins, Le dernier Samouraï ou encore La mémoire de nos pères. Eh oui, qu'est-ce-que vous croyez? Le marchand de sel est aussi une cinéphile aguerrie...Mais pour en revenir au livre, je trouve que l'on apprend beaucoup de choses sur le Japon et les traditions de cet époque. Et les passages où la narratrice évoque son enfance sont pleins de poésie et de charme.
Prenez la peine de lire ce long texte de Daniel Quinn et de découvrir son oeuvre. (Un peu de lecture pour les vacances pour ceux qui le sont encore!)
Auteur de
“ Ishmaël ” et de “ Professeur cherchant élève désirant sauver le monde ”
(Éditions. J’ai lu),
Disponible sur le site http://www.ishmael.com
Traduction de Geneviève Lebouteux
Daniel Quinn parle de ce texte comme:
“ Une expression concise du message de base de tous mes livres ”
"En 1995, j’ai été invité par une école d’Albuquerque (Nouveau Mexique) qui avait choisi d’étudier Ishmaël comme livre de l’année. On m’a demandé de rencontrer un groupe de professionnels de santé de haut niveau, les responsables de départements du “ Presbyterian Health Care Services ” qui fonctionne comme un système régional d’hospitalisation. J’ai accepté l’invitation mais je me demandais bien ce que je pourrais leur dire qui relève de leurs problématiques professionnelles. Je ne connais rien aux hôpitaux, ni aux systèmes de santé, ni aux professions médicales. Je ne regarde même pas “ Urgences ”.
Quand je m’assis avec eux – une vingtaine d’hommes et de femmes – j’ai réalisé qu’ils avaient été profondément remués par mon livre. Mais aucun d’entre eux ne pouvait vraiment expliquer pourquoi ce que disait ce livre était pertinent pour eux, dans leur activité professionnelle. Je pense que ce qui est vraiment ressorti de cet échange était que la lecture d’Ishmaël les avait changés, eux, simplement en tant qu’êtres humains, et qu’ils essayaient d’imaginer comment ce changement pourrait ou devrait les transformer en tant que professionnels de la santé.
J’ai peur de n’avoir pas été de grand secours mais je crois que je ne dois pas m’en excuser. Je n’avais aucun moyen de connaître en quoi leurs vies professionnelles avaient besoin d’être changées ; ils étaient les seuls à pouvoir le savoir.
J’ai eu une expérience similaire un an plus tard quand on m’a demandé de parler à la conférence annuelle des cadres de la branche conception et production des revêtements de sols d’espaces commerciaux. Ne riez pas. C’est une industrie qui brasse des milliards de dollars – et une industrie qui était à cette époque terriblement polluante, énormément consommatrice d’espace, totalement dépendante et extrêmement gaspilleuse de ressources non renouvelables (surtout de pétrole).
Eux aussi avaient été profondément transformés par mon livre, mais la comparaison entre les deux groupes s’arrête là. Ces personnes n’avaient aucun doute sur la façon de traduire ces changements personnels en changements dans leur vie professionnelle. Heureusement car bien sûr je n’aurais pu leur être d’aucune utilité. Ils savaient ce qu’ils devaient changer et ils avaient déjà mis en place une longue série d’objectifs qui avaient non seulement transformé leur industrie mais obligé des industries proches à changer également. Pour maintenir sa position dans cette industrie, des géants comme DuPont ont été littéralement forcés à commencer à réfléchir d’une façon différente, eux aussi.
Si on m’avait demandé de m’adresser à un groupe de conseillers en investissements ou à des ingénieurs chimistes ou à des cadres d’une compagnie d’aviation – et je n’aurais exclu aucun d’entre eux – cela aurait été la même chose. Ma tâche n’aurait pas été de leur dire quels changements ils ont à faire dans leur vies professionnelles, parce que je ne connais rien aux investissements, ni au métier d’ingénieur chimiste, ni au management d’une compagnie d’aviation.
Avec chaque groupe, peu importe l’objectif ou la profession qui le fédère, ma tâche est la même : renvoyer les gens chez eux avec une nouvelle façon de voir, plus profonde, concernant le problème qui nous rassemble TOUS, tous les humains, quelque soit nos activités – et ce problème est rien moins que la survie de notre espèce.
Les gens me demandent souvent si j’ai quelque espoir pour notre survie. Ce qu’ils veulent vraiment savoir, bien sûr, c’est si je peux leur donner, à eux, quelques raisons d’espérer.
J’ai de l’espoir, parce que je suis certain que quelque chose d’extraordinaire va se produire à votre époque – dans la vie de ceux d’entre vous qui ont une trentaine ou une quarantaine d’années de moins que moi. Je parle de quelque chose de beaucoup plus extraordinaire que ce qui s’est produit dans MON époque, qui inclut la naissance de la télévision, l’éclatement de l’atome, le voyage dans l’espace et la communication globale, instantanée via internet. Je parle de quelque chose de VRAIMENT extraordinaire.
Au cours de votre époque, les individus de notre culture vont imaginer comment vivre de façon soutenable sur cette planète – ou ils ne le feront pas. De toutes les façons, ce sera certainement extraordinaire. Si ils imaginent comment vivre d’une façon soutenable ici, alors l’humanité pourra voir quelque chose qu’elle ne peut pas voir actuellement : un futur qui se déploie en un futur non limité. Si ils ne l’imaginent pas, alors j’ai peur que l’espèce humaine prenne sa place parmi les espèces en voie de disparition, celles que nous poussons à l’extinction, ici, chaque jour – il y en a 200 – chaque jour.
Vous n’avez pas besoin d’être polytechnicien pour comprendre la situation. Les professionnels qui prévoient la croissance démographique sont d’accord pour dire que la population humaine va croître jusqu’à dix milliards à la fin de ce siècle. Ce ne sont pas les pessimistes qui l’affirment. C’est une estimation très prudente, récemment reprise par les Nations Unies. Malheureusement, la plupart des gens qui font ces prévisions ont l’air de penser que c’est supportable et sans problème.
Voici pourquoi ça ne l’est pas.
C’est évident que cela coûte beaucoup d’argent et d’énergie de produire toute la nourriture dont nous avons besoin pour maintenir notre population à six milliards. Mais il y a un coût additionnel, caché, qui doit être compté en “ formes de vie ”. De façon globale, pour maintenir la biomasse que nous représentons à six milliards d’individus, nous devons dévorer 200 espèces par jour – en plus de toute la nourriture que nous produisons d’une façon ordinaire. Nous avons besoin de ces 200 espèces pour maintenir cette biomasse, la biomasse qui est en nous. Et quand nous avons avalé ces 200 espèces, elles sont parties. Eteintes. Disparues à jamais.
En d’autres termes, maintenir une population à six milliards d’individus coûte au monde 200 espèces par jour. Si c’était quelque chose qui pourrait s’arrêter la semaine prochaine ou le mois prochain, ça pourrait aller. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. C’est quelque chose qui va se produire chaque jour, jour après jour après jour – et c’est ce qui le rend non soutenable, par définition. Cette forme de destruction cataclysmique ne peut pas être soutenable.
L’extraordinaire qui va se produire dans les deux ou trois prochaines décennies ce n’est pas que la race humaine va s’éteindre. L’extraordinaire qui va se produire dans les deux ou trois prochaines décennies c’est qu’une grande seconde renaissance va arriver. Une grande et stupéfiante renaissance.
Rien moins que ce qui va nous sauver.
La première Renaissance, celle dont on vous parle dans les livres d’histoire, a été comprise comme la renaissance de la conscience et de la sensibilité classique. Cela pouvait difficilement être compris à l’époque comme ce que cela fut en réalité : le début d’une ère historique entièrement nouvelle.
Des idées médiévales fondamentales ont été abandonnées à la Renaissance, mais elles n’ont pas été remplacées par des idées qui auraient eu du sens auprès des penseurs traditionnels. Au contraire, elles ont été remplacées par des idées entièrement nouvelles – des idées qui n’auraient eu AUCUN sens pour les penseurs du Moyen-Age. C’étaient des idées qui avaient un sens pour nous. En fait, ces idées ont toujours du sens pour nous.
La Renaissance (et en fait aussi le monde moderne) s’est produite parce que durant les 14e, 15e et 16e siècles, les idées complexes et interdépendantes du Moyen-Age ont rencontré un défi. La pièce majeure de la complexité de la situation avait trait aux moyens pour accroître les connaissances. Pendant le Moyen-Age, on croyait que la raison et l’autorité étaient les moyens principaux d’acquisition de connaissances. Par exemple, cela paraissait tout à fait raisonnable de supposer que la Terre était un objet stationnaire autour duquel le reste de l’univers tournait.
C’était raisonnable – et cela avait été affirmé par une autorité reconnue, le grand astronome du 2e siècle, Ptolémée. De même, il semblait tout à fait raisonnable de supposer que les objets lourds tombaient sur la terre plus vite que les objets légers – et cela avait été affirmé par une autre autorité reconnue, le génial mathématicien Aristote.
Mais pendant la Renaissance, la raison et l’autorité ont été renversées en tant que voies du savoir et remplacées par… l’observation et l’expérimentation. Sans ce changement, la science que nous connaissons aujourd’hui n’aurait jamais vu le jour et la révolution industrielle n’aurait pas eu lieu.
Au Moyen-Age, on était certain que notre relation avec Dieu était une affaire collective et que seule l’Eglise Catholique Romaine avait le pouvoir de la négocier. Pendant la Renaissance, cette façon de voir a été concurrencée par une toute nouvelle vision des choses, dans laquelle notre relation avec Dieu était une histoire individuelle que chacun de nous pouvait négocier avec Dieu, indépendamment. Dans cette nouvelle façon de voir sont nées le culte et la sanctification de l’individu que nous considérons comme normales de nos jours. Nous nous considérons tous comme valables individuellement et potentiellement fantastiquement puissants – d’une façon qui aurait estomaqué les gens du Moyen-Age.
Pendant le Moyen-Age, on croyait que l’univers avait été créé comme un objet fini, seulement quelques milliers d’années plus tôt. Il était fixe, fini et aussi bien connu qu’il était nécessaire. A la Renaissance, au contraire, on a commencé à percevoir l’univers d’une tout autre façon : dynamique, infini, et largement inconnu. C’est ce changement dans les pensées qui a amené non seulement la grande période des explorations mais aussi la grande ère des investigations scientifiques qui a suivi et qui se poursuit aujourd’hui.
Tout cela paraît évident de nos jours. Objectivement, le Moyen-Age ne pouvait pas durer éternellement. Evidemment, les choses devaient changer. Mais cela n’était pas du tout évident pour les gens du Moyen-Age. Pour eux, les façons médiévales de penser et de vivre dureraient toujours.
Nous pensons exactement la même chose.
Comme les gens du Moyen-Age, nous sommes absolument certains que les gens vont continuer à penser de la façon dont ils pensent pour toujours, et que les gens vont toujours continuer à vivre de la même façon.
Au Moyen-Age les gens pensaient de cette façon parce que cela leur paraissait impossible que l’on puisse penser d’une autre façon. De quelle autre façon les gens peuvent-ils penser à part de la façon dont ils pensent ? Pour eux, l’histoire de la pensée est arrivée à son terme avec eux. Bien sûr, cela nous fait sourire – mais, en fait, nous pensons exactement la même chose. Nous aussi nous croyons que l’histoire de la pensée s’est achevée avec nous.
Et bien, nous ferions mieux d’espérer que nous nous trompons sur ce point, parce que si l’histoire de la pensée s’est achevée avec nous, nous sommes condamnés.
S’il reste des gens dans 200 ans, ils ne vivront pas de la façon qui est la nôtre aujourd’hui. Je peux le prédire avec confiance parce que si les gens continuent à vivre de notre façon, il n’y aura plus aucun humain ici dans 200 ans.
Mais que pouvons nous réellement changer à notre façon de penser ? Cela nous paraît évident que tout ce que nous pensons est exactement ce que nous devons penser.
Les gens du Moyen-Age pensaient exactement la même chose.
Même si plusieurs idées fondamentales du Moyen-Age ont disparu pendant la Renaissance, toutes les idées fondamentales n’ont pas disparu. L’une de celles qui sont restées – et elle reste encore aujourd’hui – est l’idée que les humains sont fondamentalement et irrévocablement défectueux. Nous regardons le monde autour de nous et nous trouvons que les tortues ne sont pas défectueuses, que les coqs ne sont pas défectueux, que les jonquilles ne sont pas défectueuses, que les moustiques ne sont pas défectueux, que les saumons ne sont pas défectueux – en fait, aucune des innombrables espèces dans le monde n’est défectueuse, à part nous. Cela n’a pas de sens, mais cette idée a brillamment passé les tests médiévaux de connaissance. Elle est raisonnable – et elle est certainement affirmée par l’autorité. C’est raisonnable parce que cela nous fournit une excuse dont nous avons terriblement besoin. Nous sommes en train de détruire le monde – de le dévorer vivant – mais ce n’est pas de notre faute. C’est la faute à la nature humaine. Nous sommes simplement mal faits, alors à quoi d’autre pouvons-nous nous attendre ?
Une autre idée fondamentale qui a survécu au Moyen-Age est celle selon laquelle nous vivons de la façon dont nous sommes censés vivre. Et bien, mon Dieu, c’est tellement évident que nous n’avons même pas besoin de le dire. Nous vivons de la façon dont les humains sont censés vivre depuis le commencement des temps. Le fait que nous ayons commencé à vivre de cette façon seulement très récemment n’a rien à voir. En fait, cela nous a pris trois millions d’années pour y parvenir. Cela ne change rien au fait qu’il s’agit de la façon dont nous sommes censés vivre depuis le commencement des temps. Et le fait que cette manière de vivre rend le monde inhabitable pour notre propre espèce, cela non plus n’a rien à voir. Même si nous détruisons le monde et nous-mêmes avec, notre façon de vivre est toujours celle que nous sommes censés vivre depuis le commencement des temps.
En fait, ces deux survivances médiévales sont relativement bénignes. Stupides mais inoffensives. Une autre idée survivante est par contre absolument ni bénigne ni inoffensive. Loin d’être bénigne ou inoffensive, c’est l’idée la plus dangereuse de l’existence. Et non seulement c’est l’idée la plus dangereuse de l’existence, c’est aussi la chose la plus dangereuse de l’existence – plus dangereuse que tous nos armements nucléaires, plus dangereuse que la guerre biologique, plus dangereuse que tous les polluants que nous envoyons dans l’air, dans l’eau et sur la terre.
Apparemment, elle a l’air plutôt inoffensive. Vous pouvez l’entendre et dire : “ Ah bon, c’est tout ? ” Elle est plutôt simple aussi. La voici : “ Les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant ”. Il y a nous et puis il y a la nature. Il y a les humains et puis il y a l’environnement des humains.
Je suis sûr que c’est difficile de croire que quelque chose qui semble si innocent à entendre puisse être quelque peu dangereux et encore plus difficile de croire que cela puisse être aussi dangereux que je l’ai affirmé.
Comme je l’ai dit, il est aujourd’hui prouvé que de très nombreuses espèces disparaissent -200 chaque jour - du fait de notre impact sur le monde. Les gens accueillent cette effroyable information très calmement. Ils ne hurlent pas. Ils ne tombent pas en syncope. Ils ne voient pas de quoi s’exciter là-dessus parce qu’ils croient fermement que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. Ils y croient aussi fermement au XXIe siècle qu’ils y croyaient au Xe siècle.
Et bien, 200 espèces disparaissent chaque jour. Ce n’est pas un problème, parce que ces espèces sont quelque part, ailleurs. Ces 200 espèces ne sont pas ici. Elles ne sont pas nous. Elles n’ont rien à voir avec nous, parce que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant.
Ces 200 espèces sont quelque part dans l’environnement. Bien sûr, c’est dommage pour l’environnement si elles disparaissent, mais cela n’a rien à voir avec nous. L’environnement est ailleurs, souffrant, pendant que nous, nous sommes ici, sains et saufs. Bien sûr, nous devrions essayer de prendre soin de l’environnement, et c’est désolant, ces 200 extinctions – mais cela n’a rien à voir avec nous.
Mesdames et Messieurs, si les gens continuent à penser de cette façon, l’humanité va s’éteindre. Voilà à quel point cette idée est dangereuse. Voilà pourquoi.
Ces 200 espèces… pourquoi au fond disparaissent-elles ? Est-ce seulement parce qu’elles se retrouvent sans air ou sans eau ou sans espace ou sans je ne sais quoi ? Non, ces 200 espèces disparaissent parce qu’elles possèdent quelque chose dont nous avons besoin. Nous avons besoin de leur biomasse. Nous avons besoin de la matière vivante dont elles sont faites. Nous avons besoin de leur biomasse afin de maintenir notre biomasse. Voilà comment ça fonctionne. Allez au Brésil, procurez-vous un grosse part de forêt humide et coupez ou brûlez tout ce qui s’y trouve. Maintenant amenez un troupeau de vaches pour paître à cet endroit. Ou plantez des patates ou des ananas ou des haricots rouges. Toute la biomasse qui existait précédemment sous la forme d’oiseaux, d’insectes et de mammifères qui vivaient dans cette partie de forêt humide est maintenant transformée en vaches, patates, ananas ou haricots rouges – c’est-à-dire en nourriture pour nous.
Nous avons besoin de faire disparaître ces 200 espèces chaque jour pour maintenir la biomasse de six milliards d’individus. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas un peu de négligence de notre part. De façon à maintenir notre population de six milliards (et surtout le niveau de vie de 15 % d’entre eux, NDLT), nous avons besoin de la biomasse de 200 espèces chaque jour. Nous sommes littéralement en train de transformer ces 200 espèces en chair humaine.
Mais beaucoup trop de gens - la plupart je crains – ont tendance à penser “ Et bien, quoi ? Les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. A partir du moment où nous sommes séparés, nous nous en fichons de savoir combien d’espèces nous détruisons – et puisque de toutes façons, nous leur sommes supérieurs, en fait, nous faisons évoluer le monde en les éliminant ! ”
Nous sommes comme des gens qui habitent en haut d’un grand immeuble de briques. Tous les jours, nous avons besoin de 200 briques pour maintenir nos murs, alors nous descendons l’escalier nous retirons 200 briques des murs d’en dessous et nous les montons en haut pour notre propre usage. Tous les jours… Tous les jours nous descendons et prenons 200 briques des murs qui tiennent l’immeuble dans lequel nous vivons. Soixante-dix mille briques chaque année, année après année après année.
J’espère que c’est évident que ce n’est pas là une attitude soutenable pour maintenir un immeuble de briques. Un jour, tôt ou tard, il va s’effondrer, et alors l’appartement du haut dégringolera avec tout le reste.
Faire disparaître 200 espèces chaque jour est de même une façon non soutenable de maintenir la communauté du vivant. Même si nous sommes dans un certain sens en haut de cette communauté, un jour, tôt ou tard, elle va s’écrouler et quand cela arrivera, le fait d’être en haut ne nous aidera pas. Nous dégringolerons avec tout le reste.
Ce serait différent, bien sûr, si ces 200 extinctions par jour n’étaient que quelque chose de temporaire. Ce n’est pas le cas. Et la raison pour laquelle ça ne l’est pas est que, aussi malins que nous soyons, nous ne pouvons pas augmenter la quantité de biomasse existant sur cette planète. Nous ne pouvons pas augmenter la quantité de terre et d’eau qui supportent la vie, et nous ne pouvons pas augmenter la quantité de lumière du soleil qui tombe sur cette terre et cette eau. Nous pouvons diminuer la quantité de biomasse existant sur la planète (par exemple en rendant la terre stérile ou en empoisonnant l’eau), mais nous ne pouvons pas l’accroître.
Tout ce que nous pouvons faire c’est de transférer cette biomasse d’un groupe d’espèces à un autre – et c’est ce que nous faisons. Nous transférons systématiquement la biomasse des espèces qui nous importent peu à celle des espèces qui nous importent : vaches, poulets, maïs, haricots, tomates, etc. Nous sommes en train de détruire systématiquement la biodiversité du monde vivant pour nous entretenir, autrement dit, nous sommes en train de détruire systématiquement l’infrastructure qui nous maintient en vie.
Les prévisions les plus sérieuses annoncent que notre population va atteindre 10 milliards d’individus avant la fin de ce siècle – et les gens accueillent cette information à vous faire dresser les cheveux sur la tête, très calmement. Personne ne hurle. Personne ne s’évanouit. Les gens sont aussi peu troublés par cette population qui s’accroît comme des champignons que par ces 200 extinctions d’espèces quotidiennes. Il n’y a pas de quoi s’énerver parce qu’ils croient fermement que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. Ils ne voient pas que la vitesse des extinctions va s’accroître en lien avec l’accroissement de notre population – et probablement de façon exponentielle. Cela parce que lorsque nous faisons disparaître une espèce, nous ne gagnons pas 100 % de sa biomasse. Une grande partie de cette biomasse est simplement perdue, contribuant à la désertification de la planète. Au milieu du siècle, si notre population a effectivement atteint 10 milliards, alors le nombre d’extinctions sera de mille ou dix mille par jour (le nombre est pour l’instant incalculable).
S’il reste des humains sur terre dans 200 ans, ils sauront que l’humanité n’appartient pas à un ordre de l’existant séparé du reste du monde vivant. Ils le sauront d’une façon aussi certaine que nous savons que la Terre tourne autour du soleil. Je peux le prédire avec confiance, parce que si les gens continuaient à penser que nous appartenons à un ordre de l’existant séparé, alors il n’y aurait plus d’humains sur terre dans 200 ans.
Ce que beaucoup souhaitent que je fasse (et ce que moi-même j’aimerais pouvoir faire) c’est de décrire comment les gens vivront sur terre dans 200 ans – s’il y en a toujours. Tout ce que je peux vous dire c’est comment ils ne vivront pas : ils ne vivrons pas comme nous vivons. Pourquoi ne puis-je vous dire de quelle façon ils vivront ? la réponse : parce que personne ne peut vous le dire.
Vous pouvez le comprendre en replaçant cette question au Moyen-Age. Vous pouviez très bien avoir été capable de convaincre Roger Bacon que les gens vivraient différemment 300 ans plus tard mais qui aurait pu prédire l’âge des découvertes, la rébellion contre l’oppression féodale, la révolution industrielle, l’émergence du pouvoir de la bourgeoisie capitaliste, etc. ? S’attendre à de telles choses aurait été absurde.
On pourrait dire que si le Moyen-Age avait été capable de prédire la Renaissance, alors il aurait été la Renaissance.
L’évolution de la société est chaotique, de façon inhérente – ce qui est une autre façon de dire qu’elle est non prédictible, de façon inhérente. Cela est vrai, même dans des périodes relativement stables. Considérez le fait que tous les bureaux d’études du monde ont été surpris par l’effondrement de l’Union Soviétique qui, les jours précédents, était aussi stable que la Grande Bretagne ou les Etats-Unis.
Et si l’évolution de la société est chaotique, même dans les périodes stables, alors elle le deviendra encore plus dans les temps à venir, quand les gens vont soit commencer à voir les choses différemment, soit commencer à disparaître.
Bien sûr, je comprends pourquoi les gens veulent avoir une description de la vie soutenable du futur. Ils pensent que cela leur permettrait d’adopter ce mode de vie soutenable, maintenant, aujourd’hui. Mais les changements de société ne se font pas de cette façon, les changements technologiques non plus. Cela aurait été inutile de montrer à Charles Babbage un circuit imprimé ou de montrer à Thomas Edison un transistor. Ils n’auraient rien pu faire de ces choses à leur époque – et ils ne pourraient rien faire aujourd’hui de la description d’une vie dans cent ans. Le futur n’est pas quelque chose qui peut se planifier cent ans à l’avance – ou même dix ans à l’avance. Le Reich de mille ans d’Adolph Hitler n’a même pas duré mille semaines. Il n’y a jamais eu de plan pour le futur et il n’y en aura jamais.
Néanmoins, je peux vous dire avec une totale confiance que quelque chose d’extraordinaire va arriver dans les deux ou trois prochaines décades. Les gens de notre culture vont découvrir comment vivre de façon soutenable – ou ils ne le feront pas. Dans les deux cas de figure, cela va certainement être extraordinaire.
Le fait que je ne puisse pas vous donner plus d’indications pour le futur ne signifie pas que vous soyez semblables à de petits morceaux de liège perdus, livrés à la marée de l’histoire. Chacun de vous est à peu près dans la situation dans laquelle se trouvait Galilée quand on lui a intimé l’ordre de la fermer à propos de la terre qui tourne autour du soleil. Pour les messieurs de l’inquisition catholique romaine, le mouvement de la terre autour du soleil était un mensonge inique qu’ils devaient supprimer – et pouvaient supprimer. Mais quand il a quitté son procès, on a entendu Galilée murmurer “ de toutes façons, elle tourne ! ”
Etonnamment, il est resté peu de doutes sur le sujet. Le futur de l’humanité ne dépendait pas du fait de détruire l’image médiévale du système solaire. Mais le futur de l’humanité aujourd’hui dépend de la destruction de l’image mentale médiévale de la relation de l’humanité avec le monde vivant sur cette planète.
Galilée ne savait pas que des gens connaîtraient un jour les voyages dans l’espace, mais il savait qu’ils reconnaîtraient un jour que la terre tourne autour du soleil. Nous ne savons pas comment les gens vivront sur terre dans 200 ans, mais nous savons que si des humains sont encore vivants sur terre dans 200 ans, ils reconnaîtront que nous faisons partie de la communauté des vivants – et que nous en sommes parfaitement dépendants – tout comme les lézards, les papillons, les requins, les lombrics, les blaireaux et les bananiers.
Les gens ne veulent pas plus de la même chose. Pourtant, assez curieusement, quand ils me demandent ce qui sauvera le monde, ils veulent entendre plus de la même chose – quelque chose de familier, quelque chose de reconnaissable. Ils veulent entendre parler d’insurrection ou d’anarchie ou de lois plus sévères. Mais rien de tout cela ne nous sauvera – je le regrette. Ce que nous devons avoir (et rien de moins) c’est un monde entier plein de gens avec des mentalités changées. Des scientifiques avec des mentalités changées, des industriels avec des mentalités changées, des instituteurs avec des mentalités changées, des politiciens avec des mentalités changées – même si ils seront les derniers bien sûr. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas les attendre ni attendre d’eux qu’ils nous guident vers une nouvelle ère. Leurs mentalités ne changeront pas avant que celles de leurs concitoyens ne changent. Gorbatchev n’a pas créé le changement des mentalités ; les mentalités changées ont créé Gorbatchev.
Changer les mentalités des gens est quelque chose que nous pouvons tous accomplir, où que nous soyons, qui que nous soyons, quel que soit le type de travail que nous faisons. Changer les mentalités peut ne pas avoir l’air d’un défi très dramatique ou très excitant, mais c’est de ce défi que dépend le futur de l’humanité.
C’est de ce défi que dépend votre futur."
http://homepage.mac.com/jmdelacre/quinn/
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Daniel Quinn né en 1935 à Omaha (Nebraska), est un écrivain américain surtout connu pour son roman Ishmael (1992), qui a gagné le prix Turner Tomorrow Fellowship Award en 1991.
Éco-philosophe et futurologue, il a inspiré des mouvements se réclamant de l'Anarchisme vert et pose quelques questions fondamentales sur la nature animale de l'homme et les conceptions ambiguës de nature et de culture. Ses ouvrages sont des fictions proposant une relecture de l'ethnologie moderne inspirée des travaux de Claude Levi-Strauss et une version corrigée des arguments démographiques de Thomas Malthus. Souvent interprété comme un essayiste de l'Anarcho-primitivisme, il oppose cultivateurs et chasseurs-cueilleurs sans leur donner raison pour autant.
Daniel Quinn étudia à l'Université Saint-Louis dans le Missouri, à l'Université de Vienne, en Autriche, et à l'Université Loyola de Chicago, où il a obtenu un bachelor's degree en Anglais, mention assez bien, en 1957.
En 1975, il abandonne sa carrière d'éditeur pour devenir écrivain freelance. Quinn est surtout connu pour son livre Ishmael (1992), qui a gagné le prix Turner Tomorrow Fellowship Award en 1991. Ce prix fut crée afin d'encourager les auteurs à rechercher "des solutions créatives et positives aux problèmes mondiaux". Ishmael est le premier livre d'une trilogie qui inclut l'oeuvre The Story of B (qui à priori n'a jamais été édité en français), et Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde. Le film Instinct (1999) s'est largement inspiré de cette histoire.
Ishmael et ses suites ont rendu Quinn de plus en plus célèbre tout au long des années 90, et il devint un auteur très connu d'une partie de l'écologisme, de la simplicité volontaire, du mouvement arnachiste et de l'anarcho-primitivisme.
Quinn a beaucoup voyagé pour assister à des conférences et des discussions autour de ses livres. Depuis 2006, il voyagerais moins fréquemment (peut être à cause de problèmes de santé).
Alors que l'accueil d'Ishmael fut globalement trés positif, Quinn suscita la polémique lorsqu'il affirma que tant que l'augmentation de la population est proportionnelle à l'approvisionnement en nourriture, l'aide à la nourriture vers les nations qui s'appauvrissent ne fait que remettre simplement à plus tard et aggrave de manière dramatique une crise massive environnementale et sociale.
Quinn vit actuellement à Houston au Texas avec sa femme Rennie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Quinn
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http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations environnementales, d'alerte et de réflexion. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques. La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la Vie.
A VOS AGENDAS : C'est ma Terre arrive sur TF1 du lundi au jeudi à 20h40, dès le 1er septembre .
Et sur France 5 : "Six degrés changeraient le monde" le dimanche 31 août à 20h40.
Deux articles dans ce mail :
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C'est ma Terre arrive sur TF1
News Télé7 | Edité le 18 Août 2008 | Source : Communiqué TF1
TF1 veut sensibiliser le public à la protection de l’environnement. C’est ma Terre nous proposera donc des idées pour préserver la planète, du lundi au jeudi à 20h40, dès le 1er septembre.
C’est ma Terre est un programme court qui a pour ambition de faire prendre conscience à chaque Français qu’il peut jouer un rôle important dans la préservation de la planète Terre.
Des témoins interviendront pour expliquer et démontrer que la contribution personnelle est primordiale.
La question du recyclage, de l’eau, des transports, de la consommation seront abordées.
Rendez-vous dès le 1er septembre du lundi au jeudi à 20h40, sur TF1.
http://www.tele7.fr:80/tv/news-tele/c-est-ma-terre-arrive-sur-tf1/(gid)/580966
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Autre rendez-vous important : sur France 5 le dimanche 31 août à 20h40
Six degrés changeraient le monde
France 5 poursuit sa programmation sur l’environnement. Zoom sur le réchauffement climatique. En quelques décennies, la température a augmenté de 0,8 °C. A ce rythme, quel est l’avenir de notre planète ? Réponse détaillée avec le documentaire inédit intitulé Six degrés changeraient le monde diffusé sur France 5 le dimanche 31 août à 20h40 (TNT). Flippant ! Télérama n°3057)
Depuis vingt ans, la planète est sous surveillance. Un phénomène retient l’attention de tous : le réchauffement climatique. La Terre a connu bien d’autres changements climatiques, mais celui qu’elle doit affronter aujourd’hui se fait à une échelle et à une vitesse sans précédent. Mark Lynas, journaliste anglais de renom, spécialisé dans l’environnement et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, a compilé les conclusions des modélisations climatiques réalisées par les chercheurs du monde entier. Le film se fonde sur son travail. Images de synthèse, reconstitutions, rencontre avec des chercheurs et des témoins directs de ces bouleversements, il montre les conséquences du réchauffement climatique et en dévoile de manière didactique le fonctionnement.
Les scientifiques prévoient une augmentation de six degrés d’ici à 2100
Ce documentaire dessine les conséquences de cette inquiétante hausse du mercure. Avec un degré de plus, la face de la Terre changerait radicalement. La sécheresse toucherait certaines régions du globe quand d’autres seraient soumises à des inondations. Les zones les plus prospères des Etats-Unis se transformeraient en désert ; vignes et oliviers de Toscane seraient exploités en Grande-Bretagne.
Avec deux degrés de plus, c’est tout le système marin qui serait perturbé. Le processus d’absorption du CO2 par les océans se ferait moins bien : l’eau deviendrait acide, provoquant la disparition des récifs coralliens tropicaux et, avec eux, de quelque 500 000 espèces essentielles au bon fonctionnement des océans et du monde.
Avec trois degrés de plus, la machine commence à s’emballer. La banquise et la neige ne seraient plus qu’un vieux souvenir, une savane aride remplacerait la forêt amazonienne, poumon de notre planète. A ce niveau, c’est tout le processus de photosynthèse qui serait perturbé : les plantes retiennent l’oxygène et rejettent du CO2, un phénomène constaté notamment lors de la canicule qui a touché l’Europe en 2003. Une libération de carbone qui provoquerait la hausse d’un degré supplémentaire et amplifierait des phénomènes comme El niño et son lot de tempêtes, d’ouragans et d’inondations.
Un scénario digne d’un film catastrophe
Avec quatre degrés de plus, l’équilibre naturel est menacé. A ce stade, les prévisions sont encore plus spéculatives et pessimistes. L’eau se ferait de plus en plus rare, les plus grands fleuves du monde s’assécheraient, rendant certaines régions inhospitalières et provoquant les migrations massives de réfugiés climatiques.
Avec cinq degrés de plus, la machine ne fonctionne plus. Les océans meurent, les déserts avancent inexorablement et les catastrophes naturelles se multiplient.
Avec six degrés de plus, le scénario devient apocalyptique et prévoit l’extinction de toutes les espèces vivantes. Des projections dignes des plus grands films catastrophe. Pourtant, il ne s’agit en rien d’une fiction.
Le film montre de façon très concrète comment nos gestes quotidiens et les modes de consommation des pays les plus riches agissent sur l’environnement. Il reste encore un espoir. Mais il est urgent d’agir. Tout se jouera dans les dix prochaines années.
Durée : 85’ - Auteurs : Ed Fields et Ron Bowman - Réalisation : Ron Bowman - Production : France 5 / Nacional Geographic Television and Film - Année : 2008 - Inédit
Source : France 5 (Valentine Ponsy)
http://www.cdurable.info/+Six-degres-changeraient-le-monde,1175+.html
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Nous sommes tous des souris blanches !
par Luc Bronner
LE MONDE | 18.08.08
On espère que les chercheurs en sciences humaines sont dans les starting-blocks, dopés comme des bêtes de compétition olympique. Prêts à bondir et à faire chauffer des neurones qu'on imagine musculeux. Car la période est plus qu'excitante d'un point de vue intellectuel et scientifique - qui permettra peut-être de mettre de côté les éternels débats commémoratifs (méfiez-vous : les 50 ans de Mai 68 arrivent dans neuf ans et neuf mois) et les polémiques sans fin (vous êtes plutôt Siné ou Val ?). Voici un monde qui évolue, qui tourne, à une vitesse phénoménale, entraîné, secoué, par les crises énergétique et environnementale.
Sur ces sujets, les climatologues (A quel moment va-t-on commencer à bouillir ?), les océanologues (A quelle vitesse les mers vont-elles nous recouvrir ?), les géologues (Quelles réserves de pétrole ?), les biologistes (Combien d'espèces Homo sapiens sapiens extermine-t-il chaque jour ?), les économistes (Un baril à 250 dollars, comment ça marche ?), les géostratèges (Qui sera le futur roi du monde postpétrolier ?) s'en donnent à coeur triste, décrivant et annonçant les catastrophes les unes après les autres.
Un brin déprimant, certes. Mais la période nous offre également la possibilité d'assister à d'étonnantes expériences de laboratoire, comme pourraient en rêver les adeptes de la psychologie sociale ou les amoureux de la sociologie. Soit une planète - avec son système économique, ses rapports sociaux, ses organisations urbaines - sur laquelle pèsent de nouvelles contraintes. Soit, par exemple, un baril à 150 dollars, pour commencer doucement, puis à 200, 250, 300 dollars - comme si on augmentait la température dans un bocal.
Observez les petites souris blanches que nous sommes modifier leur comportement. D'abord l'insouciance - tout ça va bien finir par s'arranger. Puis les premières inflexions - prendre ou ne pas prendre sa voiture, telle est la question. Et des arbitrages difficiles - une maison individuelle, vraiment ? Les premiers signes de changement sont fragiles, mais visibles : 15 milliards de kilomètres de moins parcourus par les automobilistes américains au mois de mai, 20 milliards en juin. En pourcentage, c'est évidemment moins spectaculaire : le trafic diminue seulement de 3 % ou 4 % aux Etats-Unis. Assez toutefois pour contribuer à la chute de la demande d'essence, donc du baril de pétrole, et... redonner de l'espoir aux petites souris qui voudraient continuer à faire tourner leurs roues comme si rien n'avait changé !
Avec le réchauffement climatique, les enjeux sont plus lointains, ou du moins ne touchent pas encore directement au portefeuille. Mais nous voilà devant des transformations, sans doute difficiles à vivre, mais palpitantes à disséquer. Une occasion unique, au fond, d'ouvrir la boîte noire de la vie en société. Quels comportements allons-nous faire évoluer ? Quels choix volontaires dictés par le désir d'être des Terriens responsables ? Quelles décisions contraintes par l'urgence, par les pouvoirs publics, par le portefeuille ? Quels gagnants ? Quels perdants ? Quels effets secondaires ?
Les attentes sont fortes. Parce que tout le monde perçoit les prémices de nouveaux comportements - à commencer par ses propres pratiques. Le retour du local après des décennies d'abolition des distances ? Un urbanisme repensé qui mette fin à l'éparpillement du siècle passé ? Une adaptation des entreprises pour nous vendre du "durable jetable" ? Des modes de consommation alternatifs ? De nouveaux flux migratoires ? Ensevelies par les océans, bouillies par le réchauffement climatique, submergées par les catastrophes naturelles, les petites souris en sauront beaucoup plus sur elles-mêmes. On se rassure comme on peut.
Courriel : bronner@lemonde.fr
Luc Bronner
Article paru dans l'édition du Monde du 19.08.08.
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Nous nous menaçons nous-mêmes
15/06/2008
«La survie de l'espèce humaine dépend de sa capacité à trouver de nouvelles terres dans l'Univers.» (Stephen Hawking)
Pas d'accord. Hawking veut coloniser l'espace. Procédons par ordre. Où en sommes-nous sur Terre? Dans l'histoire de l'humanité, des nouvelles terres ont déjà été trouvées par des explorateurs, habitées ou non, et l'humanité les occupe à toutes les latitudes habitables. Nous en connaissons le résultat. Pas terrible.
Si nous avons le même comportement, les nouvelles planètes, à supposer qu'elles existent, qui nous accueilleraient, deviendraient vite malades de notre civilisation.
Pour l'instant, l'essentiel est d'abord que nous nous rendions tous compte que nous pillons les ressources non renouvelables de la Terre, que nous exterminons des milliers d'espèces qui nous ont précédés dans l'histoire du vivant et que, nous privant d'elles, nous nous menaçons nous-mêmes.
Ensuite, il faut trouver les remèdes à la situation dans laquelle nous nous sommes mis afin que le départ de notre planète mère ne soit pas nécessaire, même si on trouve une planète Terre bis. On sait ce qu'on quitte, mais serait-ce pour le meilleur ou pour le pire? Car enfin, imaginons le voyage. Des milliards de personnes à évacuer à des millions ou des milliards de kilomètres...
«Il faut que quelqu'un commence»
À bien y réfléchir, nous pouvons changer de planète sans quitter la nôtre. Il suffit de commencer, même tout seul, dans son quartier ou dans sa famille. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous ont commencé, comme dans les petits contes philosophiques tels celui de la montagne qui cache le soleil ou celui du colibri. Les deux histoires disent la même chose.
Une montagne enserre une vallée de ses escarpements si hauts que jamais le soleil n'éclaire les habitants. Et ils se lamentent des siècles durant, implorant en vain toutes les divinités possibles. Les récoltes sont maigres, les enfants faméliques. Près de la mort, un vieillard qui a beaucoup réfléchi s'en va chaque jour avec un pic, au petit matin, et ôte quelques cailloux du sommet. À ceux qui l'interrogent, il répond: «Si vous voulez rester là, que faire d'autre pour faire venir le soleil?»
Un terrible incendie s'est déclaré dans la jungle. Les animaux se sont tous réfugiés de l'autre côté du grand fleuve. Ils regardent leur maison qui brûle. Ils attendent.
Seul un petit colibri fait des allers-retours, de la berge du fleuve à la forêt en flammes, et de la forêt en flammes à la berge du fleuve. Il transporte une ou deux gouttes d'eau chaque fois et les lâche sur les arbres transformés en torches.
Chacun doit faire sa part
Grâce à ceux qui minimisent leurs déplacements en voiture chaque fois que c'est possible, l'atmosphère devient moins favorable au sureffet de serre. Grâce à ceux qui trient et recyclent au maximum, la planète ne croulera pas sous les déchets. Grâce à ceux qui économisent l'eau, ceux qui renoncent aux pesticides, ceux qui choisissent les panneaux solaires, isolent leur maison... grâce à tous ceux qui changent eux-mêmes, la planète change.
Plus vite nous changerons, plus vite la planète sera différente.
Et elle sera guérie pour les quelque cinq milliards d'années où le Soleil existera encore, avant de devenir une naine blanche. La vie, ici sur la petite planète Terre, pourrait encore durer presque autant...
http://www.canoe.com/infos/chroniques/hubertreeves/archives/2008/06/20080615-085101.html
Toutes les chroniques d'Hubert Reeves : http://www.canoe.com/chroniques/hubertreeves.html
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