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Elles sont belles, elles sont étrangères, elles débarquent d'un même pays ou d'une même aire linguistique, elles appartiennent à ces littératures contemporaines du monde et sont les invitées en France du Conseil National du Livre le temps d'une manifestation automnale chaque année.
Pour marquer sa 20e édition, Les Belles Etrangères a fait honneur au Liban et à douze de ses écrivains où six femmes et six hommes, arabophones - largement traduits - ou francophones, romanciers, romancières, poètes et bédéiste nous dévoilent leurs écrits, témoignages de leur rapport avec la guerre qui a sévi dans leur pays (1975-1990).
Avant de s'envoler pour l'Hexagone, les libanais ont pu rencontrer ces auteurs à la Mission Culturelle Française de Beyrouth, à l'heure où la capitale du Liban, désignée par l'Unesco comme capitale mondiale du livre en 2009, se remettait mal encore du report du Salon du Livre Francophone “Lire en français et en musique” prévu pour le 26 octobre - 4 novembre, salon, il est important de le souligner, est un indicateur de la richesse culturelle du pays, de sa créativité et liberté intellectuelles mais aussi un indicateur de sécurité, principale cause relayée par les organisateurs de la Mission Culturelle Française de Beyrouth, elle-même.
Du 13 au 24 novembre, les douze écrivains ont sillonné la France, ont fait découvrir la littérature libanaise dans sa diversité et sa richesse par des rencontres, tables rondes, cafés littéraires, lectures organisés avec le concours de librairies, bibliothèques, associations culturelles, lycées et universités. Deux d'entre eux ont été accueillis également à Bruxelles.
Qu'il s'agisse de Abbas Beydoun le doyen, critique littéraire et grand auteur de la poésie arabe moderne, d'Elias Khoury, le fervent défenseur des réfugiés palestiniens avec "La Porte du Soleil", de Rachid el-Daïf, l'enseignant de lettres arabes et auteur à l'humour décapant de "Qu'elle aille au diable Meryl Streep", oeuvre adaptée au théâtre, de Hassan Daoud, l'auteur d'expression arabe à romans très intimistes, d'Imane Humaydane-Younes, l'anthropologue et nouvelliste qui se penche sur le sort des femmes piégées par la guerre et sur la culture druze dont elle est issue, de Charif Majdalani, l'enseignant qui chat sur "Caravansérail", son dernier roman inspiré de la vie de son grand-père maternel, de Mohamed Abi Samra, l'écrivain qui s'en prend au poids du passé sur l'homme, d'Alawiya Sobh, la romancière qui dénonce les tabous de la religion et de la sexualité, de Joumana Haddad et Tamirace Fakhoury, les ambassadrices de la poésie contemporaine libanaise, de Yasmina Traboulsi, libanaise de mère brésilienne ayant grandi à Paris, lauréate du prix du premier roman en 2003 et de Zeina Abirached, la benjamine - citée dans une de mes notes de juin - qui nous entraine avec son "Jeu des hirondelles" et ses bulles en noir et blanc dans des souvenirs de survie sous les bombes, tous ont cotoyé ou vécu cette guerre à leur manière loin du pays ou contraints d'y rester.
L'écrivain algérien, Mohamed Kacimi, parrain de cette édition libanaise des "Belles Etrangères" est bien placé pour sa promotion ; il a souvent été invité à Beyrouth lors de manifestations culturelles et a écrit en 2001, "Beyrouth Illuminations", une promenade poétique et cynique dans le Beyrouth d'après-guerre.
Une anthologie composée d'inédits de ces écrivains et un film documentaire "Ecrire le Liban à jamais" accompagnent cet évènement.
Pour en savoir plus sur la littérature libanaise et sur cette manifestation, le magazine "Lire" - entre autres publications - leur consacre un dossier spécial dans son numéro de novembre et pour tester vos connaissances sur ce sujet un quiz à découvrir sur le site de TV5.